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Si nous faisons vivre aux animaux un véritable enfer pour pouvoir manger de la viande, tout va bien, pas de problème. S’abstenir de le faire reviendrait à « nier notre humanité ». Par contre, si nous rajoutons intentionnellement une petite dose de souffrance qui n’est pas utile pour augmenter le rendement en tuant le plus d’animaux possible le plus vite possible, cela deviendrait de la torture ? C’est ce qu’affirment certains. Tout cela revient à statuer qu’infliger d’incommensurables souffrances aux animaux est moral dans la mesure où cela permet de satisfaire nos papilles gustatives. Seule serait immorale la petite dose de sadisme qui nous fait rajouter quelques gouttes à l’océan des souffrances animales. La logique impressionne !

Qui plus est, accuser les travailleurs des abattoirs de sadisme lorsqu’ils se livrent à des actes cruels sur les animaux est un manque de considération pour ceux qui vivent sous la pression infernale exercée par la direction pour qu’ils maintiennent, au prix de leur santé physique et mentale, un rythme de travail à peine soutenable — tuer jusqu’à 600 porcs par jour par personne, tout en pataugeant dans le sang.

Mathieu Ricard le 16 mai 2017

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