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Question posée au ministre de l'agriculture : "Cultiverons-nous 20% de bio en France en 2020 ?"

"- Non."

Et bien je voudrais dire à Monsieur le Ministre que je ne suis pas d'accord pour que mes impôts servent, par le biais de la Politique Agricole Commune, à subventionner les productions agricoles dont je ne veux pas – produits dont la consommation est la cause du développement de graves maladies qui accroissent le déficit de la Sécurité Sociale, déficit que mes impôts doivent aussi combler.

Les subventions doivent aller exclusivement à ceux qui produisent de la qualité – bio ou labellisé – et à aider ceux qui ont décidé de se convertir.

Les contradicteurs opposent deux arguments :

1. "Il n'y aura plus assez pour nourrir les Français, les prix augmenteront et seuls les riches pourront manger !"

Il y aura assez à manger si on importe les produits bio dont nous avons besoin, le temps nécessaire à la conversion de notre agriculture. Le déficit engendré par ces importations sera, en partie du moins, compensé par la diminution de nos importations de maïs américain et de soja brésilien qui servent à nourrir les animaux français. Quant à la nourriture plus chère, "les consommateurs de produits bio ne sont pas plus aisés que la moyenne : ils répartissent différemment leur budget" (1) On peut d'ailleurs manger sain et pas cher, nous l'avons montré souvent sur ce blog.

2. Second argument : "Aller chercher au bout du monde des produits bio plutôt que de consommer des produits traditionnels cultivés ici, c'est anti-écologique."

Cet argument mérite une analyse plus fine. Les économistes appellent intrants  tout ce qui a participé à la mise à disposition des consommateurs d'un produit – agricole, industriel, commercial. Tout !

Par exemple, la salade, parfaitement bio, que je vais cueillir dans mon jardin, dans un moment, pour le repas de midi, je n'aurais pas pu la planter si je n'avais pas disposé d'outils pour préparer la terre. Cette bêche et ce rateau sont le résultat d'un processus industriel – production et travail du métal, du bois – et commercial – transport vers le magasin, mise en rayon. J'ai même dû utiliser mon auto pour aller les acheter, ou les services d'un transporteur si je les ai achetés sur Internet. Je ne vous dis pas, si j'avais utilisé un motoculteur ! J'ai dû l'arroser, et l'arrosoir ou le tuyau ne poussent pas dans mon jardin… Je ne vous parle même pas du voile de non tissé que j'ai posé dessus pour qu'elle ne gèle pas…

Alors, les locavores, les tomates cultivées hors sol en hiver, à 10km de chez moi, plus écologiques que celles produites au soleil du Maroc et amenées près chez moi en camion ? À examiner au cas par cas, je crois.

Il y a bien sûr beaucoup d'autres problèmes dont il faut tenir compte, comme la fiabilité des contrôles dans certains pays – mais est-ce nécessairement moins fiable que chez nous ? – et, surtout, les conditions sociales des travailleurs dans ces pays.

Ça serait quand même plus simple, Monsieur le Ministre de l'Agriculture, si on produisait 50% de bio dans notre pays dès 2014…

 

(1) Que choisir – décembre 2013, page 6 "Une meilleure alimentation".

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